Thèse : Essai de mise en évidence des fonctions d’apprentissage cognitif et de facilitation adaptative liées à des conduites esthétiques

Apport d'un modèle développemental de l'attention conjointe

 

tl_files/patrima/projets/images/Robot Berenson.jpgCette thèse vise à interroger non seulement la nature des conduites esthétiques telles qu’on peut les
observer dans des Musées, mais aussi certaines fonctions cognitives que l’apprentissage du jugement esthétique joue dans nos sociétés. L’hypothèse centrale de la thèse est que l’expérience esthétique, en général - et la fréquentation des musées en particulier - offrent un contexte privilégié d’apprentissage, qui incite chacun à percevoir et à apprécier des objets de différents points de vue sur un plan cognitif. L’esthétique comme technique d’apprentissage intensif de différenciation des perceptions apporterait ainsi un avantage cognitif dont l’évidence sur le plan adaptatif (et potentiellement évolutionnaire) pourrait être mise en évidence indirectement par le biais d’expérimentations robotiques. Nous avons déjà pu montrer qu'un robot humanoïde, susceptible effectivement de développer une forme «d'esthétique artificielle », inculquée à ce dernier par le biais d’un apprentissage du «goût des autres», permet d’envisager assez différemment la notion même d'esthétique. Nous voudrions montrer maintenant – toujours par le biais d’un robot - que l’acquisition d’une telle aptitude permet de développer des capacités attentionnelles spécifiques, applicables, aussi hors musée. L'architecture de contrôle développée devra permettre ainsi l'apprentissage de chaines d'associations conduisant à biaiser les mécanismes attentionnels du robot pour qu'il puisse porter son attention sur des objets qui seraient passés inaperçus autrement. Ce travail nécessitera la mise en place d'un modèle développemental d'attention conjointe. Les expériences robotiques dans et hors musée permettront de tester sur le long cours des modèles d'apprentissage autonome, tout en nous permettant de continuer d’étudier, par ce biais, jusqu’où peut aller notre capacité intuitive – mais inattendue - à attribuer des formes d’intentionnalité (d’ordre esthétique, dans ce cas) à un artefact susceptible de jouer le jeu.

Détails d'organisation

Porteur et directeur de la thèse:

  • Philippe Gaussier, UCP/ETIS

Autre partenaire, co-directeur:

  • Denis Vidal, Musée du Quai Branly et EHESS

Doctorant:

  • Aliaa Moualla