Thèse : Le luminaire mobile en métal en Occident (XIIIe – XVIIe siècles) : production, évolution typologique et usages

Parmi la quantité d’objets en bronze et en laiton fabriqués par les fondeurs du Moyen Âge et de l’Epoque moderne figurent de nombreux objets mobiles destinés au luminaire : les chandeliers et les pique-cierges. Ils se distinguent entre eux par leur structure, c’est-à-dire par le dispositif de portage de la chandelle ou de la bougie : une cavité, appelée douille ou binet, dans laquelle on place la chandelle pour les premiers et une longue et épaisse tige centrale sur laquelle se fiche le cierge pour les seconds. De cette différence fondamentale découle l’usage de l’objet, profane pour les uns et religieux pour les autres. Les uns comme les autres ont été à peu près oubliés par les historiens et les historiens d’art, peu intéressés par des objets avant tout utilitaires, de facture souvent rudimentaire et peu documentés.

Ce projet de thèse a donc comme objectif principal de recontextualiser des objets dont le statut muséal occulte aujourd’hui majoritairement la fonction originelle et d’éclairer par là des comportements, des pratiques et des sensibilités en usage dans les sociétés médiévales et modernes.

Trois axes de recherche seront envisagés : les conditions de production et de diffusion des chandeliers et pique-cierges en métal. Il s’agira de caractériser les processus de production, en termes d’organisation du travail, de spécialisation et de mobilité des artisans et des conséquences économiques et sociales qui découlent de cette mobilité. Établir une socio-typologie du luminaire mobile ancien visant à délimiter les usages spécifiques des objets réalisés en alliage cuivreux par rapport aux objets fixes (lustre, appliques, couronne de lumière) utilisés pour la même fonction. La typologie, parce qu’elle nécessite d’identifier les zones fonctionnelles des objets pour le milieu domestique comme pour le milieu liturgique, débouche aussi sur une étude des usages. Au-delà des prescriptions liturgiques, le luminaire mobile peut renseigner sur l’habitat médiéval et moderne, les manières d’y vivre et de l’occuper ou encore les pratiques de distinction sociale. Résolument interdisciplinaire, ce projet fera appel à l’analyse des formes, aux caractérisations physico-chimiques des matériaux et à l’exploitation des archives et des supports iconographiques.

Ce projet fait l'objet d'une labelisation dans le cadre "2015, Année de la Lumière".

 

Détails d'organisation

Porteur et directeur de la thèse:

  • Bruno Laurioux, UVSQ/DYPAC

Autre partenaire et co-directeur:

  • Philippe Dillmann, LAPA

Doctorant:

  • Anne-Clothilde Dumargne