Journée d'étude: Séminaire Culture visuelle et Image complexe

5 Juin 2014 - 6 Juin 2014

tl_files/patrima/docs-actu/conferences/14-06-06 Culture visuelle.jpgLe 6 juin 2014 se tiendra la seconde journée d'étude du séminaire « Image Complexe et Culture Visuelle », soutenu par la Fondation des Sciences du Patrimoine et le laboratoire CICC. Le thème de cette première séance sera "Image et corps".

Le séminaire « Image Complexe et Culture Visuelle » souhaite concevoir l'image comme un patrimoine culturel matériel et immatériel afin d'appréhender son rôle dans la construction (collective et individuelle) des sociétés. Il a pour objet d’étude l’image considérée comme : 1- support (photographies, tableaux, affiches, estampes, cartes, cinéma, l’image dans le texte), 2- signe visuel (décors intérieurs, tatouages, vêtements, drapeaux), 3- décor monumental ou environnemental (châteaux, églises, habitat, architecture, urbanisme).

 

Comment l’image patrimoniale et culturelle donne-t-elle à voir la dualité de notre corps ?

 

En effet, penser notre corps, c’est nous projeter vers un au-dehors mais aussi interroger notre inquiétante étrangeté, cet au-dedans que notre corps délimite. Qu’il soit corps glorieux, corps divin ou païen, le corps se construit alors à la manière d’un «  feuillet réversible »: il est tour à tour subi ou exalté, rejeté ou admiré, torturé, dépecé, choyé, idéalisé, magnifié. Le corps se conçoit donc comme un seuil : il est cette interface avec autrui qui permet de contempler et de donner à voir.

 

La représentation du corps subit cette même déchirure car représenter l’humain c’est tout à la fois peindre le personnage et l’état de son esprit. Tout d’abord bridée, normée et sacralisée, l’image du corps s’émancipe peu à peu, pour se libérer au XXème siècle. Sous la surface visible de l’image qui suit les canons de son époque ou cherche à s’en émanciper, se cache toujours la représentation sensible du corps, voilé ou dévoilé. Le triomphe des écorchés, les nus maniéristes ne montrent-t-il pas à fois la fascination pour l’anatomie, pour le passage du temps ou pour les tourments de l’âme ? Devant l’image du corps, nous sommes devant un seuil : sa contemplation peut nous faire passer de l’autre côté du miroir en déchirant la frontalité de l’image et en nous révélant à nous mêmes.

 

En quoi l’image du corps est-elle le reflet de cette déchirure entre intérieur et extérieur, de ce renversement entre abjection et érotisme, de cette scission entre profane et sacré ? Comment la peinture mais aussi la photographie, la sculpture, le cinéma exposent-ils cette dualité du corps fragmenté, violenté, déconstruit, fétichisé ou sacralisé? L’action de l’homme sur son propre corps (scarifications, tatouages, body art, performances) est-elle une mise en scène de notre fragilité corporelle ou un cri identitaire?

 

 

Intervenants

 

Conférence d’ouverture : Alain Fleischer, Directeur du Studio des Arts contemporains Le Fresnoy, artiste, écrivain.

 

Hélène Pinet, Chef du service de la recherche du Musée Rodin

Anne Creissels, Université de Lille III, Historienne de l’art

Sébastien Galliot, Centre de Recherche et de Documentation sur l’Océanie, Anthropologue

François Géal, Université de Lyon II, Littérature comparée, artiste

Isabelle Prat-Steffen, Université de Cergy-Pontoise, Etudes Cinématographiques

Guillaume Singer, Journaliste, photographe

Shéhérazade Zambrano, Université de Lille III, Histoire de l’Art, chorégraphe

 

Présidents de séance : Isabelle Steffen-Prat (Université de Cergy-Pontoise), Juan Carlos Baeza Soto (Université de Cergy-Pontoise)

Programme de la journée

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