Description

Caractérisations physicochimique et biochimique de l’altération de cuirs et essais de restauration par voie enzymatique (BIORESTOCUIRS)

Nature du projet : thèse

Description

L’altération d’un cuir peut faire intervenir de nombreux facteurs environnementaux, tels que la température, l’humidité, la lumière, la pollution… parfois couplés à des facteurs liés aux méthodes de fabrication des cuirs. De ces interactions résultent des processus d’altération complexes qu’il est impossible de caractériser par une méthode unique.

Dans un premier temps, les altérations observées sur des cuirs de couverture par les Archives Nationales ou sur des cuirs d’instruments de musique par le Laboratoire du Musée de la Musique seront reproduites de façon maitrisée sur des cuirs modèles, en particulier celles liées aux pertes de souplesse (chaleur excessive, dégât des eaux). Des observations et analyses de la surface et dans la stratigraphie du matériau seront menées par diverses méthodes de microscopie à différentes échelles en relation avec les propriétés physico-chimiques. En parallèle, une caractérisation originale par voie biochimique des protéines sera entreprise et l’accent sera mis sur les états particuliers d’associations des protéines induits par l’altération. Une analyse mécanique viendra compléter ces données. Enfin, une fois les modifications analysées, un traitement biochimique sera entrepris pour restaurer leurs propriétés initiales aux cuirs dégradés. Il est envisagé à la fois l’utilisation d’enzymes pour régénérer la souplesse des cuirs et un comblement des fissures par des composés naturels de la peau, aucune étude de ce type n’ayant été réalisée jusqu’à présent.

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Le but du projet est donc de caractériser précisément à l’aide d’un ensemble croisé de méthodes physico-chimiques, mécaniques et biochimiques les altérations subies par les cuirs au cours de leur vieillissement naturel ou suite à un accident, puis de proposer des traitements reposant sur l’utilisation de composés naturels de la peau. La méthode proposée, en respectant la nature biologique de l’objet, préserve son histoire et également son avenir.

Intérêts sociétaux et valorisation

L’utilisation des méthodes biochimiques utilisant des éléments naturels des peaux animales pour la restauration des cuirs n’a jamais été décrite dans la littérature. Les résultats obtenus lors de cette étude devraient pouvoir faire l’objet de plusieurs publications dans des revues internationales et de présentations dans des colloques internationaux. Ils intéresseront aussi bien les communautés des sciences des métaux et de la biologie, que celles du patrimoine (scientifique en conservation, restaurateurs…).

Par ailleurs, les méthodes d’analyse et de biorestauration des cuirs mises en place ne seront pas limitées aux couvertures d’ouvrages anciens mais pourront être étendues à d’autres objets (instruments de musique, costumes, supports de peinture, objets rituels …) et à d’autres domaines que ceux de la restauration-conservation.

Mots-clés

Matières –altération – conservation – cuir – biochimie – restauration

Détails d'organisation

Doctorante : Eléonore IZQUIERDO

Porteur de projet : Véronique LARRETA-GARDE (Errmece / UCP)

Tuteurs de thèse : Michel BOISSIERE, Emmanuel PAUTHE, Olivier GALLET (Errmece / UCP)

Partenaires : Laurianne ROBINET (CRCC), Bertrand Lavedrine (CRCC) / Emmanuel ROUSSEAU (AN), Laurent MARTIN (AN) / Stéphane VAIEDELICH (LMM), Jean-Philippe ECHARD (LMM).