Aqueducs et fontaines : L’adduction d’eau vers les fontaines de Versailles

L’eau qui est acheminée vers les fontaines du château de Versailles est chargée en calcium dissout par son interaction avec les différents terrains géologiques des bassins versants. Ces eaux déposent dans les systèmes d’adduction ou sous les canalisations (pertes) des encroutements calcaires réguliers, semblables aux spéléothèmes des grottes, qui peuvent atteindre plusieurs centimètres d’épaisseur. Le premier objectif du projet est d’étudier la géochimie des dépôts d’encroutements calcaires pour y retrouver la trace de l’évolution de la qualité des eaux, ou leur provenance et leurs variations au cours du temps. Les variations climatiques (température, précipitation) influent sur la présence des éléments en traces dans l’eau (plus ou moins de dissolution de la roche encaissante), sur la composition isotopique de certains éléments (oxygène par exemple) et sur leur mode d’incorporation dans les encroutements calcaires. Les chroniques climatiques historiques seront donc comparées aux signaux géochimiques. Ceux-ci seront confrontées (deuxième objectif) avec les données historiques et les données acquises dans le cadre d'une thèse en cours de réalisation, pour trouver les liens avec les différents aménagements en surface ou pour l’adduction d’eau et leur traduction en termes d’impact sur la qualité de l’eau.

La qualité des eaux filtrant les réseaux hydrauliques de Louis XIV sera donc analysée grâce à des échantillons calcaires prélevés dans les galeries, les aqueducs, les pierrées, localisées, tant dans les jardins, que dans la ville de Versailles. Mais aussi, sur un plus large territoire compris entre Rambouillet et Marly, espace concerné par l’aménagement des eaux au XVIIe siècle lors de la création du château de Versailles.  

Aujourd’hui, des problèmes récurrents d'allimentation en eau du spectacle des fontaines lors de la saison estivale amènent le Service des fontaines à s’intéresser à l’ensemble des collectes d’eau déconnectées proche du Petit Parc de Versailles, avec un intérêt particulier pour les eaux de source (résurgences ou collectes dans des aqueducs souterrains). Cette ressource naturelle et gratuite pourrait redevenir un apport d’eau pour le spectacle des Grandes Eaux de Versailles et pour l’arrosage de ses jardins. Cette identification des « eaux oubliées » intéressera également les collectivités situées dans l’ancien Grand Parc de Louis XIV (11000 hectares). L’usage de ces eaux nécessite le contrôle de leur qualité et celui de la nature des sols environnants qui peuvent être pollués par les aménagements routiers et urbains.

Ce projet initié dans le cadre de la Fondation des sciences du patrimoine bénéficie du soutien d'un mécénat de Fondation d'entreprise de la Banque populaire Val de France.

Détails d'organisation

Partenaires :

  • Edwige Pons-Branchu, Laboratoire des Sciences du climat et de l’Environnement. (LSCE – UMR 8212) UVSQ

  • Gilles Bultez et Daniella Malnar, Service des fontaines de l'établissement public du château de Versailles (EPV)

  • Stagiaire M2 (en cours de recrutement).

Partenaires extérieurs à la FSP: 

  • Paolo Montagna, Institut des sciences marine (ISMAR) à Bologne en Italie