ADeMat 2 : Analyse et description des matrices de sceaux du Moyen Âge

Constitué de plusieurs milliers de matrices métalliques et de centaines de milliers d’empreintes en cire, le corpus sigillaire représente encore une terra incognita pour la communauté scientifique. Il n’existe, à ce jour, aucune approche globale des différents maillons de la chaîne opératoire qui va de la fabrication de la matrice à l’instant du scellage, pour se prolonger sur les questions liées au devenir des matrices à la mort de leur propriétaire. Le projet ADeMat 2, qui prolonge le projet ADeMat, financé durant l’année 2015-2016 par la Fondation des Sciences du Patrimoine, ambitionne de poser les bases d’un renouvellement de l’approche sigillographique en se concentrant sur la partie de cette chaîne concernant l’outil matriciel. En effet, les matrices qui ont servi à façonner les sceaux n’ont pas encore été prises en compte pour ce qu’elles sont, à savoir un corpus métallique permettant grâce à une masse considérable d’objets bien datés, d’enrichir  notre connaissance de la production d’orfèvrerie médiévale. Ce corpus a depuis une dizaine d’années fait l’objet d’un certain nombre d’entreprises de catalogage, essentiellement à l’étranger. En France nous disposons depuis quelques temps d’outils comparables formant un préalable essentiel à la poursuite des recherches au niveau, cette fois, de la matérialité même des objets. Profitant d’un mouvement favorable à l’égard d’un corpus en pleine éclosion, cette étude pluridisciplinaire, qui articule humanités et sciences dures et qui replace les matrices dans le contexte de leur production et de leurs usages, permettra d’ouvrir de nouvelles perspectives de recherche pour des domaines aussi variés que l'archéométallurgie, l’histoire sociale et politique, l’histoire des techniques, l'histoire de l’art, l’archéologie ou bien encore l’anthropologie. Outre qu’elle permettra d’infirmer ou de confirmer un certain nombre d’hypothèses véhiculées depuis longtemps par l’historiographie notamment en terme de gravure du métal et de pratiques d'ateliers, elle replacera au cœur de la médiévistique un objet tout aussi fondamental que négligé, du fait, sans doute, des multiples compétences que sa compréhension exige. Des premiers résultats probants obtenus durant l’année écoulée incitent à approfondir l’enquête, en particulier par l’élargissement du corpus de départ, au cours d’une deuxième année qui doit apporter des éléments permettant d’envisager une publication définitive de résultats scientifiques novateurs.

(matrice du sceau du couvent des clarisses d'Aix en Provence, Italie, vers 1335 (AN Mat. 152))

Détails d'organisation

Responsable du projet:

  • Pierre Chastang / DYPAC (UVSQ)

Autre partenaire, co-directeur:

  • Philippe Dillmann (LAPA)

Post-Doctorant: