Soutenance de thèse : Manon Castelle

 

Nous avons le plaisir de vous annoncer que Manon Castelle, doctorante du LabEx Patrima inscrite à l'université de Versailles Saint-Quentin-en Yvelines soutiendra ses travaux le jeudi 31 mars 2016 à 14h30 au Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France /Site du Carrousel /14 Quai François Mitterrand /Amphithéâtre Palissy/ 75001 Paris.

Sa thèse initiée en 2012 est intitulée « Les techniques de fabrication de la grande statuaire en bronze 1540 – 1660 en France ».

 

" En raison du plan vigipirate alerte attentats, les mesures de sécurité sont renforcées. Je remercie les personnes extérieures au C2RMF de bien vouloir annoncer leur venue à Manon Castelle (manon.castelle@culture.gouv.fr) d'ici le mercredi 30 mars, faute de quoi elles se verront refuser l'accès par les personnels d'accueil. Je vous remercie de votre compréhension. "

Résumé des travaux :

A partir de la fin de l’Antiquité, les grands bronzes sont peu à peu délaissés puis abandonnés. Il faudra attendre la seconde moitié du XVIème siècle pour voir réapparaître dans le paysage artistique français, sous François Ier, de grands ensembles statuaires en bronze. Au coeur de ce phénomène, la technique tient un rôle majeur et suscite plusieurs interrogations. D’abord, se pose pour cette période la question de l’existence ou non d’une identité technique des bronzes français. L’exécution d’une statue en bronze implique de nombreuses étapes qui conduisent du modèle à sa retranscription dans le métal. Peut-on reconnaître dans ces étapes et dans les manières de les aborder une certaine unité technique qui marquerait la seconde moitié du XVIème siècle, voire le début du XVIIème en France ? Inversement, remarque-t on dès cette période de réintroduction différentes écoles regroupant certains sculpteurs, fondeurs, ateliers, voire liées à certains chantiers particuliers ? Par ailleurs, la réapparition des savoir-faire associés à la statuaire en bronze pose la question des origines. D’où viennent ces techniques soi-disant oubliées : d’autres centres européens, de pratiques de fonderie concernant d’autres types de production ?

Dans ce travail de thèse, nous nous sommes attachés à apporter des éléments de réponse à ces différentes interrogations. Pour ce faire, des études technologiques ont été menées sur trois grands ensembles marquant cette période de renouveau dans l’art du bronze : les copies en bronze de marbres antiques par Primatice, les Vertus du monument funéraire d’Henri II et de Catherine de Médicis, les Allégories du monument de cœur d’Anne de Montmorency.


Pour compléter ce corpus, des éléments isolés ont été étudiés : la Diane chasseresse de Barthélémy Prieur, l’Apollon du Belvédère, le Gladiateur Borghèse et la Vénus Médicis attribués à Hubert le Sueur. L’objectif a été de tenter de révéler procédés, matériaux et savoir-faire engagés, complétant ainsi les données fournies par les documents d’archives qui accompagnent ces commandes prestigieuses. La stratégie d’étude employée a bénéficié de l’expérience des travaux entrepris ces trente dernières années. Des développements méthodologiques ont néanmoins été nécessaires pour compléter les possibilités offertes par l’étude technologique de la statuaire en bronze. Ces développements ont en particulier concerné les noyaux de fonderie, ces matériaux employés pour réaliser des statues creuses. Les résultats obtenus montrent que les premières décennies de réappropriation de la grande statuaire en bronze sont marquées par l’emploi d’un même procédé à l’épargné qui trouve racine dans les procédés employés au Moyen-âge pour la fonte de cloches ou de canons par exemple. Mais dès le XVIIème siècle, le monopole de ce procédé semble être mis à mal, preuve sans doute d’une émancipation des fondeurs et d’une innovation constante. Parallèlement à ces phénomènes dont les conséquences marquent la fonte statuaire en général, les sculpteurs, les fondeurs, développent dans leurs ateliers des savoir-faire personnels et innovent au cas par cas, selon la nature des commandes qu’ils reçoivent.

Le jury sera composé de :

Francesca BEWER, Conservateur de la Recherche, au Centre Straus pour la conservation et d’études techniques au Harvard Art Museums, Cambridge, Etats-Unis - Rapporteur
Paolo PICCARDO, Professeur, à l’Université de Gênes, Italie - Rapporteur
Chantal GRELL, Professeur des Universités, à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines – Directrice de thèse
David BOURGARIT, Ingénieur de Recherche, au Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France, Paris – Directeur de thèse
Geneviève BRESC-BAUTIER, Conservateur du Patrimoine, au Musée du Louvre – Examinateur
Emmanuel BURY, Professeur des Universités, à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines – Examinateur
Lorenzo MORIGI, Restaurateur métal, Indépendant, Italie – Examinateur
Jean-Marie WELTER, Ancien industriel du métal, spécialiste du bronze Renaissance, Indépendant, Allemagne - Examinateur

 

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