Soutenance de thèse : Eléonore Izquierdo

Nous avons le plaisir de vous annoncer qu'Eléonore Izquierdo, doctorante du LabEx Patrima inscrite à l'université de Cergy-Pontoise soutiendra ses travaux le mercredi 16 décembre prochain à 9h30 dans l'amphithéâtre E1 sur le site de Saint-Martin de l'Université de Cergy-Pontoise (Val d’Oise-95). 

Sa thèse initiée en 2012 est intitulée « Caractérisation des effets de la chaleur sur des cuirs de tannage végétal et développement d’une stratégie de restauration par voie enzymatique ».

En raison du plan Vigipirate, l’accès aux sites de l'UCP est restreint. Seules les personnes autorisées (personnels, étudiants UCP et personne exterieures munis de justificatifs) peuvent pénétrer au sein des bâtiments. A cette occasion un contrôle d’identité sera réalisé.

Aussi, il est demandé aux personnes qui souhaitent assister à cette soutenance de bien vouloir se manifester avant le 9 décembre en adressent un mail à l’adresse suivante : eleonore.izquierdo@orange.fr

Résumé des travaux :

L’exposition à la chaleur, notamment lors d’incendies est particulièrement dévastatrice et dans le cas d’objets du patrimoine elle entraine la destruction de tout ou partie de ces témoins du passé. Notre étude porte sur les effets de la chaleur sur le cuir, matériau largement présent dans les collections patrimoniales.

A ce jour, aucune méthode de restauration permettant d’inverser les effets de la chaleur n’a été développée. Le premier objectif de notre étude est d’évaluer les effets d’une exposition à une chaleur sèche par une caractérisation systématique d’échantillons avant et après exposition à la chaleur. Des échantillons modèles, issus d’une même peau de veau de tannage végétal connu, ont été utilisés et caractérisés à différentes échelles structurales par un large ensemble de techniques physico-chimiques et biochimiques avant et après chauffage.

Au-delà du brunissement et de la rétraction visible du cuir, la chaleur induit de nombreuses altérations au niveau de la structure du matériau, notamment, une perte de masse, une fonte des structures cristallines, une augmentation de l’hydrophobie ainsi qu’une rigidification. Une partie de ces changements sont attribués à l’agrégation protéique mise en évidence par cette recherche.

Le second objectif était de développer une méthode de restauration innovante basée sur l’utilisation de molécules biologiques afin de respecter la nature de l’objet. Des enzymes de type protéase, capables de rompre les agrégats protéiques ont été utilisées. Un des défis est d’apporter suffisamment d’eau, nécessaire pour l’activité de l’enzyme, sans mouiller le cuir pour éviter tout dommage supplémentaire. Plusieurs supports d’application de la protéase ont été testés. Avec une émulsion enzymatique les résultats obtenus ne mettent en évidence ni coloration, ni rétraction et dans certains cas un gain de souplesse est observé. Des résultats encourageants ont également été obtenus dans le cas d’un cuir de veau historique (XIXe siècle). Des mesures complémentaires ont fait  attribuer ces propriétés principalement à l’émulsion elle-même, cependant des mesures à plus long terme semblent mettre en évidence un effet positif de l’enzyme sur le gain de souplesse. Sous réserve de nouvelles caractérisations à des temps plus longs, le traitement élaboré pourrait constituer un nouveau support de restauration par voie biologique.

Le jury sera composé de :

Thibaud Coradin 

Docteur, Collège de France

Rapporteur

Didier Le Cerf

Professeur, Université de Rouen

Rapporteur

Lucretia Miu

Docteur, ICPI laboratory (Bucarest)

Examinateur

Véronique Larreta-Garde

Professeur, Université de Cergy-Pontoise

Directrice de thèse

Bertrand Lavédrine

Professeur, Muséum National d’Histoire Nationale

Co-directeur de thèse

Claire Chahine

Docteur

Experte-invitée

Michel Boissière

Docteur, Université de Cergy-Pontoise

Encadrant-invité

Laurianne Robinet

Docteur, Muséum National d’Histoire Nationale

Encadrante-invitée

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