Soutenance de thèse : Dunja Jelenkovic

Nous avons le plaisir de vous annoncer que Dunja JELENKOVIC, doctorante du LabEx Patrima inscrite à l'Université de Versailles-Saint-Quentin soutiendra ses travaux le vendredi 1er décembre à 14H30 Salle de représentation, Maison de l’étudiant, Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, 1 Allée de l’astronomie, 78280 Guyancourt

Sa thèse initiée en 2012 est intitulée « Une histoire culturelle et politique du Festival yougoslave du film documentaire et du court-métrage, 1954-2004. Du socialisme yougoslave au nationalisme serbe. »

 

Résumé des travaux :

Pour des États jeunes qui doivent encore construire leur identité et bâtir un sentiment d’appartenance et d’unité chez leurs citoyens, le passé devient une ressource vitale dans la réalisation de leurs objectifs immédiats. La production d’un sentiment d’appartenance à un seul et même groupe implique d’une part, la mise à l’écart de toutes les informations qui peuvent compromettre cette unité, et d’autre part, la mise en avant de celles qui contribuent à l’alimenter. Cela n’est pas propre au rapport au passé, cette approche est aussi observable dans le rapport que ces États nouent avec le présent. Le résultat d’un tel processus est à la fois, la mésinterprétation du présent, et la création d’une histoire plus acceptable – les deux servant au renforcement de l’unité du groupe. Dans cette thèse, nous analysons le Festival yougoslave du film documentaire et du court-métrage, dans le but de questionner la manière dont celui-ci a participé au processus de création d’une identité (nationale) commune. Nous observons cette participation dans deux contextes distincts et successifs, ceux de deux jeunes États ayant vu le jour pendant une guerre – la Yougoslavie socialiste multinationale (1943) et la Yougoslavie postsocialiste, État serbe mono-national (1992).

Ce travail de recherche se concentre sur l’étude des documentaires, qui constituent la plus large section programmatique du festival, et qui représentent aussi la plus grande part de films produits en Yougoslavie. Le choix du documentaire est aussi lié à sa relation à la « réalité ». Parce qu’il montre des images de véritables personnes, de vrais lieux et de vraies situations, le documentaire, au lieu d’être perçu comme la vision du présent d’un artiste et sa mémoire du passé, peut être confondu par le public avec la réalité elle-même. Dans cette optique, l’objectif de ce travail est donc de questionner à travers l’analyse des programmes du festival, le type de « réalité » qui était présenté aux différents publics à une époque marquée par la succession de deux régimes autoritaires, mais opposés sur le plan idéologique.

Il s’agit de comprendre dans quelle mesure le festival, en tant qu’événement financé par des institutions étatiques et seule vitrine du film documentaire en Yougoslavie, puis en Serbie, pour la période étudiée, a contribué à renforcer la construction nationale en imposant à ses publics une certaine mémoire du passé et/ou une interprétation du présent. Ainsi, cette thèse examine d’une part, la façon dont le festival a participé à la création de la mémoire culturelle de la Yougoslavie, et d’une autre, son positionnement en tant que partie intégrante de cette mémoire. L’analyse débute par la création du festival en 1954 et se conclut par son internationalisation en 2004. Il s’agit pour le festival, d’un adieu officiel à son passé yougoslave, plus d’une décennie après sa sortie effective du cadre yougoslave.

Le jury sera composé de :

  • M. Christian Delporte, 
Professeur, Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, directeur de thèse
  • Mme Caroline Moine, Maître de conférences, Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, examinateur
  • M. Xavier Bougarel, Chargé de recherche, CETOBAC-EHESS/CNRS, examinateur
  • Mme Valérie Pozner, Directrice de recherche, CNRS, rapporteur
  • M. Jean-Pierre Bertin-Maghit, Professeur, Université Sorbonne Nouvelle, Paris 3, rapporteur

 

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